Et si accompagner, c'était marcher à côté?
Jul 08, 2025Il y a en nous, les humains, une rivière d’inspiration qui ne cesse de couler. Quelque chose cherche à se dire, à se clarifier. Nous savons mieux que personne ce qui nous touche, ce qui vibre sur la même fréquence que nous, et ce qui ne nous touche pas du tout. Ces temps-ci je suis à l'écoute de ce qui se passe dans l'univers du mieux vivre et de la conscience.
Je constate que nous vivons dans une époque tellement riche de possibilités et en même temps il y a tellement de profondeur qui se perd dans des stratégies à la mode qui ne font nulle part. J'ai envie d'être plus directe, d'oser dire ce qui me dérange au risque de froisser des adeptes de l'industrie du virtuel.
Après plus de 6 ans à naviguer dans le monde des affaires en ligne, je réalise que ma façon de percevoir le marketing, la vente, l'accompagnement est en train de profondément se transformer. En réalité, elle ne se transforme pas, mais me confirme que depuis toujours, je ne suis à l'aise que dans tout ce qui se rapproche de l'essentiel.
Nous sommes dotés d'antennes pour reconnaitre ce qui ne vibre pas avec nous.
Quand le coaching devient une performance
Dans le monde du développement personnel, on nous parle beaucoup de transformation. De métamorphose. De réussite financière.
Souvent, on s’adresse aux gens à partir de ce qu’ils n’ont pas, de ce qui leur manque, de ce qu’ils doivent régler pour sortir de leur impasse.
Si on regarde bien, il y a là une forme d’orgueil spirituel. Subtil, mais bien présent.
Un langage qui place l’accompagnant au-dessus de ses coachés, comme s’il était « plus avancé ».
Un discours qui semble dire :« Regarde tout ce que j’ai compris, viens dans mon monde pour que je te montre comment être mieux. Ou pire encore... comment te transformer»
Et moi… je ne veux pas ça.
Je ne veux pas utiliser des stratégies marketing qui s’appuient sur la douleur. Ça ne me parle pas.
Je n'ai jamais voulu créer du contenu qui part de la peur de ne pas être assez.
Ni m'adresser à des femmes comme si elles étaient brisées, perdues, en retard sur leur propre vie.
Parce que nous sommes brisées et ce, peu importe ce que nous avons à traverser. Et même si nous avons été profondément blessées, trahies, violées...nous ne sommes pas brisées.
Pour ma part, c'est vrai que j'ai parcouru un long chemin et qu'à travers six décennies je suis passée de l'ombre à la lumière plus d'une fois, mais je ne me sens pas « plus que » celles que j’accompagne. Et je sais que rien n'a réussi à briser l'être que je suis profondément. Et c'est pareil pour les femmes qui choisissent d'être accompagner par moi.
Ce que j’ai appris d’une ursuline
L’un des plus grands accompagnements que j’ai vécu ne venait pas d’un programme en ligne, ni d'une coach vedette, ni d’un parcours entrepreneurial.
C’est auprès d'une sœur ursuline, au fil d’un parcours spirituel sur trois ans : que j'ai exploré mon histoire à partir d'un parcours inspiré des exercices de la vie courante de saint Ignace.
À chaque rencontre, je m’asseyais dans une chaise berçante.
Soeur Thérèse était là, en face de moi. Présente. Discrète.
Pas de méthode toute faite.
Pas de stratégie.
Pas de transformation forcée.
Juste une écoute.Un silence habité.
Une présence pleine de bonté, sans jugement, sans attente.
Je me souviens lui avoir dit un jour :
« Soeur Thérèse, c’est comme ça que je veux accompagner les femmes, moi aussi. Je veux être un espace d’accueil. Ouvrir un lieu de douceur, pour que les femmes puissent exprimer leur pure vérité. »
La véritable guidance ne cherche pas à transformer. Elle te révèle.
La guidance comme je l'entend est un miroir. Une présence qui reconnait que l'autre à tout ce qu'il faut, puisqu'elle est divinement habitée.
Accompagner, ce n’est pas savoir à la place de l’autre. C’est créer un espace où l’autre peut s’écouter, ressentir, se retrouver.
C’est marcher un bout de chemin avec elle, côte à côte.
Sans boussole programme. Sans pression pour obtenir des résultats.
C’est oser le silence.
C’est laisser la Présence faire son œuvre.
Revenir à une approche vraie
Je crois qu’il est temps de vendre, partager, offrir… autrement.
Pas en séduisant, mais en touchant.
Pas en promettant des miracles, mais en cultivant la pure vérité.
Et si on laissait tomber le tapage médiatique pour revenir à l’essence ?
Et si on osait dire aux femmes :
« Tu n’as rien à prouver. Tout est déjà là. Et tu avances vers celle que tu es en train de devenir parce que c'est ce que tu es. Je marche avec toi. »
Je crois à un nouveau modèle d’accompagnement. Plus humain. Plus enraciné. Plus lent aussi, parfois. Mais infiniment plus vrai.
Pour conclure…
Nous n’avons pas besoin de devenir des expertes en persuasion pour toucher le cœur des gens. Ni de créer des réels à plus finir! Nous avons besoin de revenir à l’écoute sacrée, à l’humilité du chemin.
Il n’y a pas de hiérarchie entre nous. Seulement des âmes en mouvement. Et c'est ce que je prône auprès des jeunes coachs qui arrivent, l'âme pleine d'espoir, avec des stratégies bétons pour faire des sous. Ici la question n'est pas de refuser la réussite financière qui vient avec le service, mais c'est de replacer la véritable source d'abondance à la bonne place.
Si tu lis ces lignes, c’est que toi aussi, tu sais…
Que le monde a besoin de plus de vérité. Que les personnes que tu accompagnes ne sont pas brisées. Que tu n'es pas arrivée là où tu as toutes les réponses. Tu ne le sera jamais car tu devras marcher le chemin de la conscience jusqu'à ton dernier souffle.
C'est ce que la guidance me dit. Soeur Thérèse était sur mon chemin de pèlerinage, au même titre qu'à mon tour, je suis sur le vôtre.